Review – BlacKkKlansman

 

Aujourd’hui je viens vous parler d’un film que j’ai vu récemment au cinéma, et que je suis retournée voir une deuxième fois la semaine d’après.

J’ai vraiment découvert le travail de Spike Lee il y a quelque temps, je connaissais ses films de noms mais je ne m’étais jamais retrouvée à les regarder. C’est donc à travers Do The Right Thing, que j’ai découvert son univers, et son style bien à lui. Les extraits que j’avais vus de son film m’avaient beaucoup plut, on sentait derrière sa mise en scène une vraie prise de position et de parole.

Un film engagé

Nous parlions avec une amie (avec qui je suis retournée voir BlacKkKlansman) du fait que Spike Lee fait partie d’un petit groupe de réalisateurs à oser une prise de parole à travers ses films proposant des films engagés, qui montrent du doigt des choses. Et nous étions d’accord sur le fait que ces films font du bien, même s’ils ne sont pas évidents à regarder pour certains (je vais revenir sur la fin de BlacKkKlansman), ils offrent un autre souffle, différent de beaucoup de films (soit des blockbusters se ressemblant tous, ou des films plus indépendants mais parfois sans un vrai message derrière, ou trop faible).

Pour son dernier film, Spike Lee met au centre de son histoire, une cause qui lui est chère, qui est la place des personnes à peau noire dans la société, le tout dans les pas d’une histoire vraie. Nous suivons ainsi, dans les années 70, l’infiltration d’un homme noir dans le Ku Klux Klan. En travaillant sur l’investigation du Klan au sein de la police du coin, ce dernier réussit à s’y faire une place par discussion téléphonique. Devant rencontrer un des membres pour valider son adhésion au Klan, mais ne pouvant y aller par sa couleur de peau, c’est un policier blanc qui prend sa place sur le terrain. Ainsi se créer un duo qui fonctionne très bien, avec autour différents personnages très bien travaillés. Nous avons un très bon casting et une bonne direction d’acteur parfaite, ainsi des groupes bien distincts les uns des autres et bien caractérisés sont formés. John David Washington est absolument époustouflant dans son rôle aux côtés d’Adam Driver qui joue son double à la perfection.

 

 

 

Ces personnages se glissent parfaitement dans l’univers créé, plutôt bien fidèle des années 70, pour lequel les décors et costumes apportent leur touche vintage.

L’histoire se base sur des faits réels, assez impressionnants, le scénario est plutôt bien écrit et bien tenu dans sa globalité. Petit bémol cependant au moment du dénouement, qui se passe grâce à l’intermédiaire d’un personnage, que je trouve venu de nulle part et le choix de l’acteur n’est pas judicieux à mon sens, ce choix donne un peu l’impression d’une solution de facilité, chose qui m’a déplu.

Hormis ce point-là, j’ai trouvé le reste bien écrit et bien tenu, notamment dans les dialogues qui viennent contraster avec l’image. Car un point intéressant du film est le choix (sauf à la fin) d’utiliser des images assez “sobres” sans grande violence visuelle, et d’installer une violence par le dialogue. Alors que les films portant sur le Ku Klux Klan sont parfois durs à regarder, je pense par exemple à Mississippi Burning d’Alan Parker, que j’ai regardé en grande partie cachée dernière mes mains. Ce contraste passe aussi par le ton général utilisé très enclin aux moments de blague, et d’absurde, avec un fond de musique 70’s apportant un groove à l’histoire. La violence passe plus au travers des dialogues avec des propos très durs.

Nous avons un travail que je salue au niveau de l’esthétique, aidé notamment par le choix des décors, la fibre 70’s est bien maitrisée sans tomber dans le cliché, on a une lumière plutôt intéressante, notamment lors des séquences du discours de Kwame et de la soirée qui s’en suit dans la boîte. La mise en scène est bien maîtrisée et appuie ce style décalé, encouragé par un montage que j’ai beaucoup apprécié jouant sur les split screens, rendant des situations encore plus absurdes qu’elles ne le sont déjà.

 

 

Une fin alarmante

Concernant la fin du film, une fois l’avoir vue on comprend toute la polémique qui s’est découlée des premières projections du film. La fin est assez dure à regarder et prône un message fort et surtout alarmant sur la situation actuelle de notre société. Elle installe dans la salle un climat de choc. Je pense que le choc a lieu dans toutes les salles à travers les pays, cependant je pense que l’impact n’est pas le même. La culture vient y placer un écart plus ou moins important. Nous en parlions justement récemment avec une de mes anciennes profs d’anglais que j’avais en primaire, à l’époque elle nous avait raconté l’histoire de sa mère vivant en Louisiane qui avait, pour se défendre dû tirer sur un crocodile arrivé dans son jardin par la rivière avec son pistolet. Encore aujourd’hui elle se rappelle du choc que nous avions eu vis à vis du fait que sa mère possédait une arme. Car étant jeunes à l’époque et vivant en France, où le port d’armes est illégal, cela nous était très étrange. Et encore aujourd’hui bien, que nous savons que le port d’armes est légal aux États-Unis, cela reste un fait en totale opposition avec notre culture, et ainsi ce qu’il se passe outre Atlantique peut nous paraître encore plus choquant que eux ne le perçoivent. Il en va de même pour les situations politiques et sociales par lesquels sont passés les USA, très extrêmes et parfois dures à “croire” d’autant plus lorsque nous sommes nés après la “fin” de ces périodes. Ainsi la fin du film provoque un choc très important ou nous sommes confrontés, suite à des séquences au ton portant à l’humour, à des images réelles, non fictives, d’événements s’étant déroulés l’année dernière aux USA, où des groupes se battent, notamment le Ku Klux Klan, pour faire “régner” les personnes de peaux blanches, qui seraient la “vraie Amérique”, et ainsi aller dans le sens de Trump. Nous avons des discours, des images de manifestations dans les rues, et des images encore plus choquantes d’attaques. On finit sur une image très forte qui est celle du drapeau des États-Unis à l’envers qui peu à peu perd sa couleur pour finir noir et blanc.

 

 

Ce film nous laisse dans un état d’esprit très étrange à la fois attristé et révolté. Mais c’est un film qui se doit d’être vu par un grand nombre de personnes, à la fois pour sa qualité mais aussi et surtout pour son message.

Qu’avez-vous pensé de ce film ?

Bécots ! Pauline xxx

2 thoughts on “Review – BlacKkKlansman

  1. Blandine

    Hello Pauline,
    Je confirme ce film vaut le détour. J’ai adoré, la façon de traiter un sujet bien navrant mais toujours réel le KKK. Avec humour et intelligence il démontre très bien la bêtise humaine… superbes acteurs, costumes et décors un vrai flashback… Et j’ai jubilé lors du dernier coup de fils, trop bon😂

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