Review – First Man

 

C’est avec Whiplash que je suis tombée sous le charme du travail de Damien Chazelle, une admiration qui s’est confirmée avec La La Land, et ce week-end à nouveau avec son dernier film, First Man. Ce que j’apprécie énormément dans son travail c’est sa création d’univers, ainsi que l’importance de la musique dans sa mise en scène, toujours sublimée et composée par Justin Hurwitz.

La bande annonce de First Man m’avait de suite intriguée, et m’avait donné très envie de le voir. L’image, le sujet, l’angle de narration, le casting, autant de points qui m’ont poussée à aller le voir en salle dès sa sortie.

Rencontre entre Gosling et Foy

Au casting nous retrouvons le dernier protégé de Chazelle, Ryan Gosling, qui s’accompagne ici non pas d’Emma Stone mais d’une actrice en grande progression depuis son interprétation de la Reine Elizabeth II, Claire Foy. Un duo que j’avais très envie de découvrir à l’écran car tous les deux ont un jeu très intérieur, et il en résulte une belle osmose dans leur couple. Un couple mis au centre de l’histoire, plus que la conquête de l’espace en elle-même. C’est ce point-là qui m’a beaucoup plu, nous avons un film mettant surtout en avant la relation d’un couple et d’une famille déchirée par la vie et l’univers de l’espace. Nous avons accès à l’intimité du couple, avec tout de même une pudeur environnante, et nous découvrons ainsi une autre facette du premier homme à être allé sur la lune. Nous prenons connaissance de son environnement, de ses objectifs et motivations, et de ses blessures, notamment la perte de sa fille. Un couple séparé entre l’univers de l’espace et celui du foyer, lui avec la conquête spatiale, et elle avec la volonté de garder une famille soudée en voyant d’autres familles se briser par des décès. Un couple qui peu à peu se sépare et disparait de l’écran. Une relation si bien représentée par le denier plan du film, qui le clou magnifiquement, en le laissant sur une image du couple emprisonné et déchiré par l’univers de l’espace.

 

 

Une mise en scène en deux

L’histoire se déroule entre deux espaces, celui correspondant à la conquête de l’espace, avec le centre de la Nasa entre autres, et en face un espace correspondant à la famille avec les maisons des Armstrong, leurs quartiers, leurs voisins.

Entre Malick et l’espace

Avec ces deux espaces, nous avons deux mises en scène diverses, qui évoluent avec l’histoire. Celle se rapportant à la maison/famille se dirige vers un style, à mon sens, proche de celui de Malick que l’on peut trouver dans Tree Of Life, avec une caméra très en mouvement, proche des personnages, avec des pertes de mise au point, un esprit de flottement, un travail du montage avec des raccords sautés. Cette influence de Tree of Life se retrouve aussi dans le décor du quartier, ou de la maison, avec certains plans, et actions similaires, je pense notamment à quelques plans aquatiques d’enfants dans l’eau de la piscine, qui sont également très présents chez Malick dans Tree Of Life, ou bien aussi La Ligne Rouge. Nous avons une poésie qui s’empare de ces moments de vie et qui disparait peu à peu, notamment avec la perte de sa fille. Comme si la poésie de la mise en scène n’appartenait qu’à ces moments heureux.

 

 

 

En face, liée à l’espace, nous avons une mise en scène plus brutale, notamment lors des voyages dans espace avec un montage très dynamique, un enchaînement de plans secouant le personnage ainsi que le spectateur. Le début du film, qui nous plonge efficacement dans le vif du sujet, se fait avec cette mise en scène très dynamique avec une grande instabilité des plans pour faire ressentir la sensation du personnage se rendant hors atmosphère.

Nous avons une esthétique pellicule qui nous plonge en arrière, avec des inter-titres nous faisant passer d’années en années. L’image est bien travaillée avec des beaux jeux de lumière, soulignant les différents espaces de cet univers.

Le tout est souligné par un sound design très travaillé avec un rendu crédible, rendant les séquences d’autant plus saisissantes.

Quand Justin Hurwitz rencontre l’espace

Plus besoin de faire ses preuves pour Justin Hurwitz; Whiplash et La La Land nous ont démontré son talent mélodieux, et First Man le laisse sur sa lancée. Au-delà d’un sound design plutôt juste, nous avons des séquences accompagnées de mélodies accentuant la splendeur et l’immensité de l’espace, nous offrant de beaux moments. Des compositions utilisées d’une main de maitre, jouant avec des instants de silence encore plus marqués par cet environnement sonore créé autour.

Une conquête de l’espace, ou conquête du risque

Ce qui est très appréciable dans ce film, c’est le fait que ce ne soit pas uniquement l’apologie de la conquête spatiale, ici on nous présente ses revers. Que ce soit accidents, morts, problèmes économiques…

Lorsque nous n’avons pas vécu dans la fin des années 60, nous connaissons souvent de loin toute cette compétition autour de la conquête spatiale, et nous connaissons ces astronautes seulement de nom et pour leur impact, comme celui du premier pas sur la lune. Hors dans ce film, nous en voyons le contexte, mais surtout tout ce que cette conquête a engendré comme combat, accidents, et risques avant d’arriver à l’autre bout de l’espace. La mort est très présente dans ce film, que ce soit celle de leur fille, de leurs proches et collègues, et celle d’Armstrong même qu’il côtoie de près plus d’une fois. Une conquête souvent célébrée, mais qui cache le combat de nombreux hommes qui risquent leurs vies pour découvrir d’autres parties de notre univers.

 

 

Quel film sur l’espace vous a le plus séduit ?

Bécots ! Pauline xxx



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