Un autre genre de tourisme cet été sur Netflix

(c) Pauline PINOT

 

Parcourir les quartiers les plus dangereux du monde à bord d’une voiture avec le sosie de Pablo Escobar, nettoyer un corps momifié, tirer avec des armes de guerre, se promener dans des zones au taux de radioactivité encore plus élevé que Tchernobyl, assister à des exorcismes, se faire “vaudouiser”…

Dit comme ça on pourrait croire à un pitch de film, et pourtant il s’agit d’activités touristiques proposées à des touristes d’un certain genre : des amateurs du tourisme noir.

Le tourisme noir ?

Le principe de ce tourisme, comme le décrit le journaliste et présentateur de la série documentaire, David Farrier, est un tourisme qui sort des sentiers battus, permettant aux touristes de s’échapper de leur quotidien en s’approchant de la folie, du macabre et du morbide. Le tourisme noir s’étend de plus en plus aux quatre coins du monde, attirant de plus en plus de touristes désirant voir le côté obscur du monde qui nous entoure.

Un docu signé Netflix

Comme vous avez pu le voir au cours d’articles précédents, j’aime beaucoup découvrir des nouveautés sur Netflix. C’est après avoir vu l’affiche puis la bande annonce de Dark Tourist dans Netflix que ma curiosité a été piquée… Le concept : intéressant, le sujet : intriguant, il ne m’en fallait pas plus. Pitch du premier épisode : “En Colombie, David rencontre le bras droit de Pablo Escobar. Au Mexique, il assiste à une séance d’exorcisme et se joint à un circuit pour passer la frontière américaine”. A partir de là vous savez que les épisodes ne vont pas vous montrer les plus belles stations balnéaires mais plutôt l’envers du décor.

Un docu pro-trourisme noir ou anti-tourisme noir ?

Cette première saison, se dessine sous les traits d’un documentaire sectionné en 8 épisodes, de chacun environ 40 minutes. Chaque épisode se concentre sur une région, à savoir :

  1. Amérique latine
  2. Japon
  3. Etats-Unis
  4. Les Stans
  5. Europe
  6. Asie du Sud-Est
  7. Afrique
  8. Retour aux Etats-Unis.

Dans chaque épisode nous découvrons en moyenne 3 activités dans différentes villes de la région.

Nous suivons David Farrier, un journaliste Néo-Zélandais, ayant déjà travaillé sur des sujets similaires, (son documentaire Tickled, très déroutant, est notamment disponible sur Netflix). C’est à travers un format de documentaire que nous suivons son investigation du tourisme noir. Un format qui apporte une touche de réalisme en nous imprégnant au plus de l’action, avec une caméra portée qui suit David et les personnes qu’il rencontre.

Ce format nous amène inévitablement à la question du vrai, est-ce-que ce que l’on nous montre est réel ? ce format tend plus vers le réel à mon goût, ou, est-ce de la mise en scène pour attirer le spectateur et faire de bonnes retombées financières… La plupart des “activités” semblent réelles, bien qu’incroyables; cependant d’autres sont vraiment extrêmes et on peut en venir à se questionner.

Le côté réaliste des choses se lie au côté sans tabou du documentaires. Cet aspect peut plaire comme déranger, personnellement vu le propos du documentaire je trouve ça juste qu’ils aillent jusqu’au bout et montrent les choses, sinon l’impact ne serait pas le même. Cependant, il y a parfois des images ou des paroles assez dures, ce qui ne destine pas cette série à tous les publics. Le fait de tout nous montrer, nous montre également que le tabou est culturel, je pense notamment à l’épisode sur l’Asie du Sud-Est, qui est un des plus “compliqué” à regarder, nous assistons avec David à une cérémonie dans un village d’Indonésie pour accompagner le décès d’un des leurs. Une discussion avec son guide membre du village nous montre une tout autre vision portée sur la mort par ces “villageois”, pour qui voir des morts est une chose “habituelle” ce qui est en rupture de la culture européenne. Ainsi ce qui serait tabou pour notre culture, ne l’ai pas pour d’autres, et inversement.

Ce qui fonctionne, à mon goût, dans ce documentaire, c’est la position que prend David Farrier, il vient avec des doutes faces à ces activités dont il a eu échos. Il cherche à être convaincu que ces activités de tourisme noir existent, ainsi il ne nous force pas à y croire, mais nous laisse nous faire notre propre avis. Il met beaucoup en question les activités, leur présence, leur origine, et leur impact. Ainsi, ce documentaire n’est pas créé dans le but de promouvoir ce genre de tourisme, parfois extrême, mais plutôt de créer une prise de conscience. Je pense notamment à l’épisode sur le Japon où les touristes vont se balader dans des zones, où des tours sont organisés (comme on visiterait une ville touristique), mais où le taux de radiation censé être “non inquiétant” selon leur guide jusqu’à 0,20 monte dans certaines zones à 9,71… et comme seule protection ils disposent de masques en papier, ce qui revient quasi à aucune protection. Certaines de ces activités se servent de faits historiques désastreux dans le but d’attirer des touristes et ainsi se faire de l’argent, notamment la mort de JFK, où des tours sont organisés à bord de golfette avec une actrice interprétant Jackie Kennedy.. La question de la limite se pose beaucoup dans cette série, jusqu’où vont les organisateurs des attractions à touristes et jusqu’où vont ces touristes … Les limites sont bien souvent dépassées, que ce soient celles du respect, ou de l’éthique …

C’est ainsi une série assez addictive, notre curiosité est piquée et nous souhaitons en voir plus tellement certaines activités sortent totalement du commun. Chacun a ses goûts et son type de tourisme, pour ma part je le regarderais juste dans mon écran celui-ci !

Avez-vous découvert d’autres documentaires qui valent le détour sur Netflix ?

Bécots ! Pauline xxx



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